Elle est
née au Maroc.
Depuis 1986, elle enregistre les mélopées égyptiennes
d'Oum Kal-soum. Aujourd'hui, elle chante «Orients»* à
Gaza et à Jérusalem, s'engage pour la paix israélo-palestinienne
et est accompagnée par l'Orchestre de Nazareth, qui réunit
des musiciens musulmans, juifs et chrétiens.
Cette aventure
est-elle une déclaration ?
Je suis juive, marocaine et française. Plutôt que de privilégier
une de mes histoires, j'ai en-vie de me souvenir de toutes mes histoires.
Et dans mon souvenir, ces communautés vivaient harmonieusement.
On dit que la musique ouvre les âmes. Je pose des actes, sans
discours, sans polémique, sans guerre.
Votre manifeste,
"Un très proche Orient", publié en 2001 (coédition
Joëlle Losfeld-Dada), allait déjà dans ce sens...
C'était un autre geste pour essayer de traverser l'absurdité
ou la surdité. J'ai demandé à cent personnes de
toutes nationalités, à des poètes, à des philosophes,
à des psychanalystes, d'écrire une page sensible, pas idéologique. Je
crois qu'on est plus audible en parlant de soi-même. Le livre a été
envoyé dans les pays du Moyen-Orient. Les instituts français ont fait
un travail remarquable. On m'a demandé de venir présenter mon livre
et de chanter. C'est ainsi qu'est né le projet «Orients», des chansons
françaises sur fond d'orchestre oriental et de son électro.
Que représente
pour vous l'orchestre oriental?
Il y a une dimension de silence dans cette musique. Elle se déclare
fragile. L'orchestre oriental lit une partition et s'envole d'elle sans
la quitter. Il ondule comme la plus sensuelle des sirènes. Son cœur
bat comme celui d'un homme au travail.
Propos recueillis par Laetitia Cénac ' Sortie du CD le 4 février (Independence
Records/Virgin).
Au Théâtre national de Chaillot, à Paris, les 7, 8 et 9 février; à Mulhouse
le 11, à Toulouse le 21, à Marseille les 27 et 28, à Amiens le 18 mars.